Manger bio ou local ou équitable ?
(2009)Comment faire ses courses au quotidien ?
Nous achetons et consommons tous les jours de multiples denrées alimentaires : produits frais, conserves, surgelés, sodas, cafés, charcuteries, poissons, etc. Cela représente quelques 18 kg d’aliments par semaine et par ménage, et correspond à plus ou moins 15% de nos dépenses. Autant dire que c’est toute une gestion.
Les achats alimentaires sont aussi l’occasion de se poser de multiples questions : le bio est il réellement meilleur pour la santé ? Puis-je être sur que c’est réellement bio ? Comment faire pour acheter mieux avec mon rythme de vie et mes 3 enfants ? Comment être sur que l’argent du commerce équitable va bien au producteur ? Le bio est-il plus cher ? Comment identifier la provenance des produits frais ? Ont-ils été traités par des pesticides ? S’agit-il de légumes de saison ? Faut-il choisir du miel équitable d’Amérique du Sud ou d’ici ? Est-ce raisonnable d’acheter des haricots verts bio du Kenya ? Existe-t-il des producteurs locaux dans mon coin ? De quelle quantité aurais-je besoin ? Est-ce vrai que trop de sucre nuit à la santé ? Et de multiples autres questions encore.
Autant dire d’emblée que les questions sont infinies et que les réponses peuvent être nuancées selon que l’on accorde de l’importance à l’un et/ou l’autre des critères suivants : le prix, la santé, l’environnement, la facilité ou encore les conditions sociales de production.
Cette fiche vise à concilier l’un ou l’autre aspects concrets d’une consommation durable plutôt que de les opposer. Nous aider à reconnaître les produits durables en magasins et, le cas échéant, combiner les aspects environnementaux et sociaux.
L’agriculture biologique, le commerce équitable et local contribue à l’un ou l’autre aspect d’une consommation durable.
1. L’agriculture biologique : c’est quoi ?
L’agriculture biologique constitue un mode de production qui
trouve son originalité dans le recours à des pratiques culturales
et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi,
elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite
l’emploi d’intrants. Le bio suit un cahier des charges strict qui privilégie,
à tous les stades, le respect : de l’agriculteur, de la nature,
des animaux, de notre environnement et de la santé. En bio, les produits
chimiques de synthèse ne sont pas autorisés, les animaux disposent
d’espaces suffisants pour vivre, l’adjonction systématique
d’antibiotiques aux aliments des animaux est interdite, etc.
Les produits issus de l’agriculture biologique sont contrôlés
et reconnaissables au travers de labels. Par exemple :
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Label européen |
Ces labels se distinguent par la gamme de produits qu’ils couvrent (alimentation, textile, etc.), par les critères sociaux, écologiques et économiques contrôlés et par l’organisme de contrôle qui octroient la certification (voir aussi www.infolabel.be pour tous les détails sur ces labels et d’autres labels). D’autres logos privés permettent de distinguer des « marques » de produits biologiques.
Quelques chiffres !
Le bio représente presque 2% du marché de l’alimentation. En Belgique, on compte quelques 250 points de vente spécialisés en plus de la vente de produits bios dans les supermarchés. Côté production, le nombre de producteurs et de transformateurs bio et les superficies cultivées en bio sont en augmentation. Idéalement, on verrait l’offre de produits bio locaux augmenter parallèlement à la demande.
Plus cher le bio ? Oui mais…
Oui, les produits bio sont en règle générale plus chers mais pas toujours. Et c’est à nuancer :
- Le surcoût s’explique par une échelle de production plus petite et parfois des coûts en main d’œuvre plus élevés. Par ailleurs, le coût du transport de produits issus du Sud est parfois compensé par une main d’œuvre meilleure marché. Les conditions sociales de production peuvent ainsi être garantie par un label de commerce équitable.
- Des études montrent que les ménages qui se fournissent dans des magasins bio spécialisés ou directement chez le producteur consacrent moins d’argent en moyenne pour l’alimentation car ils sont plus proches de leur besoins réels.
- Le prix des aliments conventionnels est sous-estimé car il ne tient pas compte des impacts sur l’environnement (par exemple pour la dépollution des eaux) et la santé.
- Concernant la santé, la FAO a démontré que les aliments bio contiennent moins de pesticides et de résidus de médicaments vétérinaires et, dans bien des cas, de nitrates. La FAO a aussi montré qu’il était possible de nourrir la planète « biologiquement ».
- Certains produits bio sont sensiblement plus chers que leurs correspondant non bio, c’est typiquement le cas de la viande. La solution ici est de consommer moins de viande mais de bien meilleure qualité !
2. Le commerce équitable, c’est quoi ?
Selon l’Organisation Mondiale du Commerce équitbale (www.wfto.com) : « Le Commerce Equitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.
Les organisations du Commerce Equitable ont pour but de faire du Commerce Equitable leur principale mission. Elles, supportées par les consommateurs, sont activement engagées à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel ».
Ainsi, un principe du commerce équitable est la garantie donnée aux petits producteurs de commercialiser leurs produits à des prix qui couvrent les coûts d’une production durable tant du point de vue social qu’environnementale. C’est également une garantie de relative stabilité des prix et la mise en place de conditions et de délais de paiement, voire des possibilités de préfinancement, qui évitent aux paysans et aux artisans de brader leurs produits ou d’avoir recours à des prêts usuriers.
Les produits et les organisations de commerce équitable travaillent avec des critères et sont aussi reconnaissables par des labels, des logos et des marques. Par exemple :
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Marques de l’organisation |
Ces labels et organisations de commerce équitable se complètent par de multiples magasins et points de vente qui commercialisent des produits issus du commerce équitable (voir www.befair.be). Ils se distinguent par les gammes de produits commercialisés et par le type de contrôle opéré sur la filière de production et de commercialisation. On peut ainsi trouver des produits du commerce équitable auprès des organisations de commerce équitable, dans les magasins engagés, dans la grande distribution et auprès des détenteurs de licence Max Havelaar.
3. L’alimentation locale
Les définitions de l’alimentation locale sont multiples en raison
des multiples références que le mot ‘local’ peut évoquer
: référence géographique (ex. : produits dans la région,
en Europe, etc.), à l’environnement et aux circuits de distribution
(ex. : ‘sur le marché de…’), au contact direct avec
le producteur, aux caractéristiques du produit (origines des matières
premières et transformation).
Le produit « idéal » serait un produit dont les matières
premières et la transformation seraient locales. Il serait directement
vendu par le producteur aux consommateurs permettant ainsi de réduire
au maximum les transports et de créer une confiance directe sur la qualité
du produit basée sur le concept de « circuits courts ». Cette
idée d’alimentation locale peut prendre diverses formes. Par exemple
:
- Des groupes d’achats communs ou GAC qui gèrent collectivement l’achat de produits locaux.
- Des groupes d’achats solidaires ou GAS qui soutiennent volontairement certains producteurs.
- La vente directe par l’agriculteur de produits transformés sur le lieu de production.
- La vente de produits locaux dans les circuits conventionnels de distribution (épiceries, supermarchés, etc.)
Conseils pour une alimentation durable
L’agriculture biologique, le commerce équitable et une alimentation à base de produits locaux font partie intégrante d’une alimentation durable. Ces concepts se renforcent mutuellement. Il ne s’agit donc pas forcément de « choisir » entre ces produits mais plutôt de « concilier » ces produits en fonction de critères personnels et de possibilités réalistes autour de soi. La valorisation de produits bio, équitables et locaux est aussi une manière d’encourager un mode de production familiale et une agriculture paysanne. On pourrait donc procéder par gradation dans ses choix :
- Réfléchissons avant d’acheter afin d’adapter les quantités aux besoins, établir une liste, valoriser les restes, etc…. pour éviter le gaspillage. C’est à ce moment que les véritables économies se réalisent. C’est aussi l’occasion d’identifier les fruits et légumes de saisons, d’envisager un petit potager, etc.
- Lorsque c’est possible, privilégions des produits bio qui soit en même temps des produits locaux. Le transport est en effet une cause importante des émissions de gaz à effet de serre. Les produits en vrac auront aussi nos préférences pour réduire les déchets d’emballage.
- Pour les produits « exotiques du Sud », privilégions des produits bio et équitables : café, bananes, chocolat, oranges, thé, etc.
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