Fiche-conseil n°108

Les labels du bois

(juillet 2005)

Pour pouvoir garantir au consommateur qu’il achète du bois sans se rendre complice de la déforestation, les démarches de certification (pour obtenir un label de "gestion durable") se sont beaucoup développées ces dernières années. Au niveau mondial et surtout européen, deux labels principaux sont en piste qui soumettent la gestion forestière à des exigences de gestion " durable " : le label FSC et le label PEFC.

label FSClabel PEFC

Qu’est-ce que la gestion durable d’une forêt ?

L’Union européenne a défini le concept de gestion forestière "durable" lors d’une conférence tenue à Helsinki en 1993 : il s’agit de "la gestion et de l’utilisation des terrains boisés, d’une manière et d’une intensité telles qu’elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques, sociales pertinentes, au niveau local, national et international, et qu’elles ne causent pas préjudice à d’autres écosystèmes."
La question est donc de savoir comment s’applique au niveau du gestionnaire de bois ces beaux principes. C’est pourquoi les démarches de certification commencent par définir des critères de gestion adaptées au contexte géographique, socio-culturel et économique. Les exigences respectives des deux labels sont reprises en encadré ci-dessous.

Les deux labels ont en commun :

  • qu’il s’agit d’une démarche volontaire du producteur forestier
  • qu’ils se réfèrent aux principes de la gestion durable des forêts : respect des ressources, multifonctionnalité, gestion à long terme,...
  • qu’ils intègrent une progression dans le temps vers cette gestion durable, vu qu’une forêt ne se transforme pas du jour au lendemain.
  • qu’ils ont instauré un système de contrôle externe et une participation des milieux concernés par la forêt dans le processus de certification

Mais ils diffèrent sur les aspects suivants :

  • l’attribution du label FSC se base sur un engagement et une pratique déjà concrétisés par des choix de gestion forestière et par un plan de gestion, alors que le label PEFC est accordé sur base d’un simple engagement.
  • les exigences du label FSC vont plus dans le détail et demandent un suivi plus fin de la part du propriétaire forestier. Ce label est marqué par son objectif premier qui est de prévenir la destruction des forêts tropicales mais un cahier des charges spécifique a été fait pour chaque pays.

Au niveau mondial 123 millions d’Ha sont certifiés PEFC, dont 63 millions au Canada, et 54 millions d’Ha sont certifiés FSC.
Dans l’Union européenne, sur 146 millions d’Ha de forêt, environ 50 millions d’Ha sont certifiés PEFC et 23 millions certifiés FSC (mai 2005, source : sites web PEFC.org et FSC.org)

Que garantit un label sur un objet en bois ?

Les labels dont il est question ici garantissent que les conditions de gestion forestière, et non pas la qualité intrinsèque du matériau, ni les processus de transformation et de fabrication des produits finis.
La labellisation pose deux difficultés essentielles : la traçabilité et le contrôle.

La traçabilité :

la difficulté qui se présente est donc de suivre le bois depuis son exploitation dans la forêt jusqu’au stade du produit fini mis en vente. Pour ce faire, soit les entreprises séparent physiquement les bois selon qu’ils proviennent de forêts certifiées ou non ; soit elles appliquent un système de parité qui consiste à ce que les flux sortants de bois certifiés soient équivalents aux flux entrants. Ce principe est acceptable puisque la qualité intrinsèque du bois n’entre pas en ligne de compte. Il est utilisé tant par le système FSC que par le PEFC. Mais la traçabilité parfaite ne sera acquise que quand les lots de bois certifiés auront atteint une masse critique qui justifiera des chaînes de production spécifiques.

Le contrôle :

les pratiques de gestion forestière doivent faire l’objet d’un contrôle externe, renouvelé régulièrement. Ce contrôle peut coûter cher et est parfois difficile à exercer.

Le label FSC, proposé par le WWF, a été mal accueilli dans les milieux forestiers, en tout cas du côté wallon. Il a été jugé trop cher, trop exigeant, et inadapté au morcellement de la propriété forestière privée. Pourtant, il a été adopté par l’administration flamande, et plusieurs massifs forestiers en Flandre ainsi que la forêt de Soignes sont certifiés FSC.
Au niveau wallon, c’est le label PEFC, qui a été choisi par l’administration forestière et qui est vigoureusement promu tant par les propriétaires privés que par les gestionnaires publics. Aujourd’hui, 43 % de la forêt wallonne (235.320 Ha) est certifiée PEFC.

Et pour le consommateur ?

Là le problème se corse. Il n’est toujours pas facile de trouver des produits en bois certifiés.
Pour le FSC néanmoins, il existe une liste des importateurs de bois et des revendeurs de mobilier ou d’autres produits en bois ou issus du bois
(papier à copier). Ces listes se trouvent sur le site du WWF : www.wwf.be, en allant voir la rubrique forêts et certification, et toute autre information sur le site : www.fsc.org
Des produits certifiés FSC sont en vente dans les chaînes Casa, Dreamland et Gamma. Nous pouvons aussi vous faire parvenir ces informations si vous vous adressez à notre permanence.
Quant aux produits labellisés PEFC, on nous dit qu’ils arrivent bientôt , mais à ce stade, la seule possibilité reste de s’adresser aux entreprises qui produisent du bois certifié, et dont la liste figure sur le site www.pefc.be. La chaîne de commercialisation de ce type de bois n’arrive pas encore au consommateur final ! Parions pourtant que cela ne va pas traîner car certains marchés publics pourraient susciter une demande beaucoup plus forte de bois certifié.

Les obligations requises par la certification PEFC

  • respecter la réglementation applicable en forêt ;
  • se former à la gestion durable des forêts ;
  • maintenir ou restaurer des zones d’intérêt biologique particulier ;
  • implanter des espèces adaptées et variées ;
  • mettre en place des peuplements mélangés ;
  • appliquer une sylviculture dynamique ;
  • laisser des arbres âgés ou morts ;
  • mettre en œuvre des méthodes mécaniques de préparation du sol et favoriser des méthodes de défense biologique de préférence aux traitements chimiques ;
  • préserver les arbres remarquables ;
  • ne procéder aux coupes rases qu’avec discernement et ne jamais dépasser 10 Ha ;
  • assurer l’équilibre forêt-gibier ;
  • accepter le contrôle d’un auditeur ;
  • rédiger un document de gestion.

 

Les principes de la gestion forestière FSC

  • respecter les lois et traités internationaux en vigueur ;
  • droits de propriété clairement définis ;
  • reconnaître et respecter les droits légaux et coutumiers de populations autochtones ;
  • préserver le bien être des populations locales ;
  • utilisation rationnelle des produits et services forestiers ;
  • conservation de la diversité biologique et des ressources en eau et des éco-systèmes fragiles ;
  • réaliser un plan d’aménagement ;
  • procéder à un suivi et évaluation des incidences des activités ;
  • maintenir les forêts primaires ;
  • les plantations complètent mais ne remplacent pas les forêts naturelles.

Conclusion :

Vu la faible disponibilité des produits labellisés à l’heure actuelle, le consommateur n’a pas encore un assez large choix . De plus, à certains égards, il est parfois absurde de choisir un produit en bois tropical labellisé FSC à la place d’un produit en bois de qualité provenant de la forêt wallonne.
Soyons donc attentifs à faire jouer l’ensemble de critères à appliquer à l’objet en bois, comme recommandé dans la fiche-conseil "Choisir le bois comme matériau" n°117

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